Ressources Bibliques• 4 novembre 2026• Éthique et vie chrétienne« Celui qui est rassasié foule aux pieds le rayon de miel, Mais celui qui a faim trouve doux tout ce qui est amer. » (Proverbes 27.7).
Cher lecteur, as-tu déjà ressenti cette étrange lassitude au milieu de l’abondance ? Tu as tout ce qu’il faut pour vivre, et pourtant ton âme reste vide. Tu possèdes une Bible, tu assistes au culte, tu connais les cantiques, mais ton cœur ne vibre plus. Peut-être même te surprends-tu à trouver la prière pesante, la prédication ennuyeuse, et la méditation sans saveur. Que s’est-il passé ? Le problème n’est pas dans la nourriture, mais dans l’appétit. C’est une grande bénédiction lorsque la nourriture et l’appétit se rencontrent, et pourtant, beaucoup d’entre nous ont perdu le goût des choses de Dieu. Dans un monde qui nous gave de divertissements, de soucis et de satisfactions immédiates, notre palais spirituel s’émousse. Nous sommes comme ces Israélites au désert, qui, bien que nourris du pain du ciel, disaient : « Notre âme est dégoûtée de cette misérable nourriture ». Cher lecteur, ce matin, le Seigneur t’invite à renouveler ton appétit pour Lui, car Lui seul est « plus doux qu’un rayon de miel ».
La bénédiction de l’âme affamée
Heureusement, il y a une autre catégorie de personnes : celles qui ont faim. « À l’âme affamée tout ce qui est amer est doux ». Si tu es affamé de pardon, de miséricorde et de grâce, tu es bienheureux ! Car Jésus-Christ est venu précisément pour les affamés. « Que donneriez-vous pour avoir Christ ? » demande le texte. « Je donnerais mes yeux », dit l’un. Donne-Lui donc tes yeux en Le regardant, et tu L’auras. « Je donnerais tout pour être délivré de mon péché dominant », dit un autre. Regarde-Le, et Il te délivrera. Il change les lions en agneaux et les corbeaux en colombes ; rien ne lui est impossible. Mais attention : avoir faim ne suffit pas ; il faut se nourrir. Le pain est devant toi, mange-le. La foi, c’est prendre Jésus au mot et Le recevoir dans ton cœur. Alors, même ce qui est amer devient doux. La repentance, qui semble si pénible à la chair, devient une grâce délicieuse pour l’âme qui a faim de Christ. L’abnégation et le sacrifice de soi, que le monde hait, deviennent une joie pour celui qui aime Jésus. La persécution et les moqueries, loin d’être amères, sont portées avec une sainte vaillance. Quand ton appétit est aiguisé, même la plus simple prédication, la plus humble réunion de prière, te sera douce, pourvu qu’elle parle de Lui. Si tu ne peux obtenir qu’une feuille arrachée de la Bible, elle te sera précieuse. Ne méprise pas les petites choses ; c’est souvent dans la simplicité que le Seigneur se révèle le plus doux.
Pourquoi tenir ferme ?
La leçon de ce texte est urgente : prie pour un bon appétit pour Christ, et lorsque tu l’as, conserve-le précieusement. Ne le gâte pas par les friandises insatisfaisantes du monde, ni par les « notions modernes et les philosophies sceptiques ». Ces choses sont comme des pains d’épices et des sucreries malsaines qui ruinent la santé de ton âme. Quand tu as faim de Christ, n’aie jamais peur d’en avoir trop. Entre dans ce fleuve aussi loin qu’il te plaira, il n’y a nul danger que tu t’y noies. Tu ne peux pas avoir trop de grâce, trop de paix, trop de foi. Au contraire, mange, oui, mange abondamment. Et puis, ne garde pas cet appétit pour toi seul. Prie le Seigneur de donner à d’autres l’appétit. Raconte aux pécheurs ce que Christ a fait pour toi. Parle-leur de ta joie, de ton espérance, de la façon dont Il t’a pardonné et renouvelé. L’odeur seule leur mettra l’eau à la bouche. Car lorsque le Seigneur envoie une bouche affamée, Il envoie aussi la nourriture pour la rassasier. Alors, viens à Lui maintenant, avec tout ton désir, toute ta faim. Il t’attend, les bras ouverts. Mange, oui, bois abondamment, ô bien-aimé. Que le Saint-Esprit éveille en toi une faim inextinguible pour Jésus-Christ, Lui qui rassasie tous ceux qui viennent à Lui. À Lui soit la gloire à jamais. Amen.
Article adapté du sermon de Charles Spurgeon « L’appétit spirituel »