Toussaint NTAMBWE• 12 novembre 2025• Homme et péchéMt 18.13-15.
13Jésus, étant arrivé dans le territoire de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples: Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme? 14Ils répondirent: Les uns disent que tu es Jean Baptiste; les autres, Élie; les autres, Jérémie, ou l'un des prophètes. 15Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis?
Ce que les juifs disaient de Jésus
Jésus vient d’arriver dans le territoire de Césarée de Philippe, et là, il interroge ses disciples au sujet de ce que les gens disent de lui : « Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme ? ». « Sa renommée se rependait de plus en plus » nous dit Luc 5.15 et des opinions diverses et parfois contradictoires se soulevaient autour de cet homme auprès de qui se rassemblait souvent une grande foule (Mt 8.18; Mc 5.21). Nous en avons un aperçu dans Jean 9 après le miracle accompli sur l’aveugle-né. Pour les pharisiens, le verdict était sans appel : « cet homme ne vient pas de Dieu, car il n’observe pas le sabbat (Jn 9.16) » ou encore « … nous savons que cet homme est un pécheur » (Jn 9.24). Pour d’autres, il y avait un doute quant à ces affirmations des pharisiens car « Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles ?» (Jn 9.16). Les parents de l’aveugle guéri, eux, n’osaient pas se prononcer clairement parce qu’ils « craignaient les juifs » (Jn 9.22). La diversité est également présente dans la réponse des disciples : « Les uns disent que tu es Jean Baptiste ; les autres, Élie ; les autres, Jérémie, ou l'un des prophètes » (Mt 18.14). Bien que les opinions de ces gens sur Jésus ne soient pas de l’ordre de celles de pharisiens puisqu’elles semblent reconnaître le caractère spécial de Jésus et le placent au rang des prophètes les plus honorés, elles demeurent tout de même fausses dans le sens où Jésus n’était ni Jean Baptiste, ni Élie; ni Jérémie, ni un autre prophète. Il n’était pas la reproduction de quelque chose de connu comme le laissaient entendre ces opinions. Toutefois, Jésus lui-même ne dit rien. S’adressant de nouveau à ses disciples, le Maître va poser une deuxième question, cette fois les concernant directement : « Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? » (Mt 18.15). Il ne s’agissait pas pour eux de se faufiler derrière les opinions ou convictions des autres mais de confesser eux aussi ce qu’ils pensaient de Jésus.
Ce qu’on dit de Jésus aujourd’hui
Cette deuxième question de Jésus est d’une importance capitale surtout après la lecture faite sur la vie du roi Joas dont la piété était liée à la présence du sacrificateur ! Elle mérite que nous lui accordions une attention particulière et que nous y réfléchissions sérieusement. Aujourd’hui, plus qu’à l’époque de Jésus, plusieurs opinions fusent concernant l’homme Jésus. Certaines sont correctes tandis que d’autres sont complètement fausses. Pour certains c’est un homme de bien, un prophète ou un grand réformateur, pour d’autres c’est un imposteur, ou un alibi utilisé par les occidentaux pour endormir et dominer les africains, etc. Il n’y a pas longtemps, lors d’un séminaire scientifique à Paris, je me suis retrouvé au milieu des scientifiques. Pendant que l’un tentait en vain de se souvenir d’une parole de Jésus pour l’appliquer à une situation dans laquelle on se trouvait, l’autre pour lui répondre dira : « De toutes les façons, Jésus a dit beaucoup de conneries, tu peux en chercher d’autres ». Voilà l’une des opinions de l’ère actuelle concernant Jésus et il y en a tant d’autres. La question la plus importante est celle-ci : parmi toutes ces opinions qui existent, quelle est la vôtre ? Qui dites-vous que Jésus est ?
Une confession censée engager toute une vie
La réponse à cette question n’est pas anodine dans la mesure où il ne s’agit pas simplement de dire quelque chose de bibliquement correcte sur Jésus, moins encore de répéter les opinions ou convictions extraordinaires des frères sur Jésus mais surtout d’avoir une vie qui suit la confession que l’on fait. Ceci n’était pas par exemple le cas des gens de l’époque de Jésus. Bien que le reconnaissant comme l’un des prophètes, nous pouvons quand même nous interroger sur le caractère de la plupart de ces gens vis-à-vis de Jésus. Cette appréciation dans l’apparence honorable de la personne de Jésus était-elle suivie du respect et de la considération auxquels l’on devrait s’attendre ? Lorsque nous parcourons les évangiles, constatons-nous un peuple soumis à Celui qui venait de Dieu ? Non. Ils l’ont traité de la même manière qu’ils avaient traité les autres prophètes avant lui rendant ainsi vaine l’opinion respectueuse du prophète qu’ils avaient de lui. Aussi, n’est-ce pas contre ceux qui disent « Seigneur, Seigneur » que la terrible injonction de « retirez-vous de moi » sera prononcée ? Et pourquoi ? Parce que malgré le fait qu’ils auront confessé Jésus comme étant Seigneur, ce qui est vrai, leur vie sera en opposition à cette confession, puisqu'ils commettent l’iniquité. Ils vivent sans loi. Ce ne sont pas tous ceux qui disent que Jésus est le bon berger qui se laissent conduire par Lui ! Ceux qui professent de leur bouche la sainteté de Dieu sont-ils tous dévoués à s’éloigner de l’iniquité ? Ainsi, au lieu d’être des vérités ancrées dans le cœur et qui dirigent nos vies, plusieurs confessions ou opinions sur Jésus ne sont que de répétitions des choses entendues autour de nous ou héritées de nos prédécesseurs. Le Seigneur veut la réalité de nos cœurs !
La vitalité de connaître Dieu personnellement
Avant de conclure, disons quelques mots sur Juges 2.10. Il est vrai que la volonté de Dieu était que l’héritage spirituel ou le contenu de la foi soit transmis de génération en génération et ainsi à toutes les générations de son peuple. Ceci pouvait consister par exemple à enseigner à la génération suivante l’œuvre que l’Éternel avait faite ou la loi qu’il a avait prescrite pour son peuple. Mais cette transmission semblait se dégrader au fil des générations voire manquer à certaines générations. Déjà après la mort de Josué, ce triste constat est mentionné : « et il s'éleva après elle une autre génération, qui ne connaissait point l'Eternel, ni ce qu'il avait fait en faveur d'Israël » (Jg 2.10). Quoi d’étonnant que rapidement, tout comme le roi Joas, « ils firent alors ce qui déplaît à l’Eternel, et servirent les Baals… abandonnèrent le Dieu de leurs pères…allèrent après d’autres dieux…se prosternèrent devant eux» (Jg 2.11-12). Au temps d’Esaïe, il n’était resté de ce qui a été transmis que de la tradition humaine sans vie (Esaïe 29.13). Les choses étaient reproduites extérieurement sans aucune conviction émanant du cœur.
N’est-ce pas la réalité actuelle ? Jésus n’est-il pas pour beaucoup qu’une tradition de la famille ? Un héritage de la congrégation ? Est-ce que chacun connaît vraiment le Seigneur pour lui-même ? Avons-nous de manière individuelle fait l’expérience de la communion avec le Seigneur ? À l’échelle du christianisme, les déviations actuelles ne sont-elles pas la conséquence d’un manque profond de connaissance de Dieu et de son œuvre ? N’y a-t-il pas eu cassure dans la transmission de cet héritage spirituel ? Puisque la différence est évidente entre la piété et la fermeté à la fois des croyants des premiers siècles et des générations qui ont suivi. Malgré la confession de la bouche de Jésus, on a assisté à une décadence morale spectaculaire : le monde a fait irruption dans l’Église, la tradition a pris le dessus sur la vie et les erreurs doctrinales les plus effrayantes se sont tranquillement installées.
L’aide apportée par l’enseignement des parents, d’autres croyants, du ministère oral ou écrit, est d’une grande valeur. Ceux-ci ont la responsabilité d’inculquer avec soin et fidélité les enseignements qu’ils ont eux-mêmes reçus du Seigneur. Ceci est un point de départ crucial pour la suite. Mais si cet enseignement n’est retenu que par tradition et non par conviction, il sera sans fruit. On ressemblera à cette église à laquelle il a été dit : « Tu as le nom de vivre, et tu es mort ». Chaque génération, tout en bénéficiant de l’héritage spirituel de la précédente, doit s’appliquer à revenir à la source et acquérir une conviction personnelle ô combien salutaire. Cette conviction ne peut s’acquérir que lorsque l’on revient soi-même à la Parole pour connaître celui qui y est révélé, à savoir Christ. C’est à cela que David va exhorter son fils Salomon : « Et toi, Salomon, mon fils, connais le Dieu de ton père… » (1 Ch 28.9). Bien qu’ayant pour père « l’homme selon le cœur de Dieu », cela ne le dispensait pas de cette connaissance personnelle avec l’Éternel. Et vous, qui dites-vous que Jésus est ?