Toussaint NTAMBWE• 22 octobre 2025• Homme et péchéLe texte principal de cet article se trouve dans 2 Chroniques 24 :1-27. Cette portion des écritures nous relate le règne du roi Joas, ce jeune enfant qui échappa à la destruction de la race royale perpétrée par sa grand-mère Athalie juste après la mort de son père le roi Achazia (2 Ch 22.10-11). En lisant l’histoire de ce roi, on peut être frappé par le contraste qui existe entre deux périodes de son règne. La première, qui va du premier verset au verset 16, est caractérisée par la piété exemplaire du roi, un heureux commencement marqué par un intérêt particulier aux choses de Dieu. La seconde période (du v.17 au v.27) décrit une décadence morale surprenante du roi. Ce que le début de son règne avait fait espérer n’aura jamais lieu !
Avant de nous avancer plus loin, rappelons la grande utilité de ces histoires qui nous sont souvent relatées dans les Écritures, puisqu’il serait complètement dommage de penser qu’elles ont été rapportées pour donner un ton plus détendu à ce livre ou pour simplement améliorer notre culture générale sur les personnages bibliques. Ces choses leur sont arrivées pour servir d'exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, dira l’apôtre Paul aux Corinthiens. Nous avons donc au travers de ces histoires, des exemples nous permettant de tirer instruction de la vie de certains personnages bibliques, soit pour ne pas commettre les mêmes erreurs qu’ils ont commises, soit pour imiter la bonne conduite qui caractérisait la vie de certains d’entre eux.
Nous procéderons en trois étapes pour comprendre et tirer instructions de cette histoire ; lesquelles sont : le constat, la réflexion et l’issue de secours qui feront chacune l’objet d’un article de cette série
Dans le présent, le constat (2 Ch 24.1-27) occupera notre attention.
La bonne influence du sacrificateur Jehojada sur le roi Joas
Fait courant dans les Chroniques et les Rois, un résumé de la vie des rois est souvent présenté dès les premiers mots. Il s’agit soit d’un roi qui « fit ce qui est droit aux yeux de l’Eternel » ou de celui qui « fit ce qui est mal aux yeux de l’Eternel ». Ce résumé est souvent teinté de précisions supplémentaires dépendant de la conduite du roi concerné. Au verset 2 du chapitre qui nous occupe, le résumé du roi Joas se présente comme suit : « Joas fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel pendant toute la vie du sacrificateur Jehojada ». Dans 2 Rois 12.2, le même témoignage est rendu au roi Joas mais avec des termes un peu plus clairs : « Joas fit ce qui est droit aux yeux de l'Éternel tout le temps qu'il suivit les directions du sacrificateur Jehojada ». C’est bel et bien grâce au sacrificateur Jehojada que Joas avait eu la vie sauve et a pu accéder au trône. Ce pieux sacrificateur avait le souci d’assurer la pérennité de la dynastie de David comme l’avait désiré Dieu lui-même. On peut donc bien s’imaginer que le roi, encore tout petit, a été élevé dans la loi de l’Eternel aux côtés de ce pieux sacrificateur. Il jouissait des relations avec l’Eternel par un intermédiaire. Mais qu’en était-il d’une communion directe avec l’Eternel lui-même ? Était-il capable d’avoir la direction immédiate de l’Esprit de Dieu ? Nous reviendrons dans la suite de cette section sur ces remarques.
Pour l’instant, les bons grains de la parole de Dieu jetés dans la vie de Joas semblent porter du fruit. La connaissance de la parole de Dieu le pousse à vouloir réparer la maison de Dieu qu’avait détruite sa grand-mère et il n’y va pas d’une main morte. Dans son élan de piété, le roi va, à juste titre, reprendre le souverain sacrificateur lui-même et exhorter les lévites à mettre de l’empressement au projet de réparation de la maison de Dieu. Visiblement, il s’en tenait qu’à la parole seule et suivait les traces de celui qui dit : « Le zèle de ta maison m’a dévoré ». La maison de l’Eternel ainsi réparée, le culte reprit et les holocaustes furent continuellement offerts dans la maison de l’Eternel. Tout est beau et pur au début de ce règne.
La véritable nature du roi Joas révélée
Jehojada meurt et on l’enterre « dans la ville de David avec les rois, parce qu’il avait fait du bien en Israël, et à l’égard de Dieu et à l’égard de sa maison » (v.15-17). Dès cette mort, tout bascule dans le règne de Joas. Une fois que celui qui faisait sa force a disparu, le roi s’est montré indigne de tenir la royauté dans le droit chemin. Lui qui n’avait que la parole de Dieu pour guide et pour conseiller, il s'est tourné vers « les chefs de Juda » qui s’inclinent devant lui (v.17). Le roi cède aux flatteries de ces chefs et s’en suit un triste constat décrit dans le verset 18 : « ils abandonnèrent la maison de l’Eternel, le Dieu de leurs pères, et ils servirent les Astartés et les idoles ». Dans sa grande bonté et dans sa patience, l’Eternel envoie ses prophètes pour ramener le peuple à lui, mais le roi se montre indifférent. Pire, il fait tuer le messager de l’Eternel. Dieu va ensuite exécuter son jugement contre le mal.
Comme l’avait annoncé le résumé, la piété du roi était liée à la présence du sacrificateur Jehojada. En effet, «Joas fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel pendant toute la vie du sacrificateur Jehojada» (2 Ch 24.2). On ne sait pas combien de temps le roi a tenu après la mort du sacrificateur mais quoi qu’il en soit, il y a un contraste effrayant. Le roi n’avait aucune retenue pour le mal. On peut se demander comment une chose pareille fut possible chez un roi dont les débuts annonçaient un règne pieux et juste. En regardant à ce que nous vivons dans le siècle présent, on peut, après avoir lu cette histoire, affirmer avec fermeté que « Toute écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre (2 Ti 3.16, DBY) ». Celui devant qui rien n’est caché et qui est capable de voir au travers du couloir de la vie a voulu que de tels récits soient dans Sa parole pour nous servir d'exemples, et pour notre instruction.
Une instruction pour nous
En effet, des milliers d’âmes se sont retrouvées dans le cas de Joas par manque de communion directe avec le Seigneur lui-même. Ces âmes, par la grâce de Dieu, ont pu bénéficier d’une communion fraternelle édifiante dans des assemblées pieuses. L’élan de piété qui les entourait leur a permis de développer un intérêt pour les choses de Dieu. Le zèle presque sans faille des conducteurs leur a permis d’être au bénéfice de la bonne nourriture spirituelle allant jusqu’à être capable de démasquer les fausses doctrines et de résister aux faux docteurs. Cependant, une fois loin d’un tel environnement, ils ont été méconnaissables ! Le caractère pieux a disparu ! Aucune retenue pour le mal et aucun intérêt pour les choses d’en haut ! Plus rien ! Merci au Seigneur pour la bonne communion fraternelle qu’il peut permettre que nous ayons pour notre développement, mais cela ne saurait remplacer une connaissance personnelle du Sauveur et Seigneur que nous professons. Il est indispensable que le cœur jouisse d’une communion directe avec le Maître.
On pourrait en dire autant des enfants des chrétiens, eux qui dès le bas âge bénéficient d’un environnement idéal pour connaître le Véritable. La foi des parents guide leurs premiers pas, les garde de l’influence du monde extérieur et ouvre leur intelligence sur les choses de Dieu. Ils peuvent à l’occasion démontrer une connaissance presque exacte de la parole de Dieu et se conduire d’une manière correcte. Toutes ces choses sont bonnes et les parents sont encouragés à agir ainsi à l’égard de leurs enfants. Cependant, cette attention, pourtant légitime et approuvée de Dieu, ne devrait pas les dispenser de la recherche, ô combien indispensable, de la communion directe et immédiate avec le Seigneur. Puissions-nous les porter devant le Seigneur afin qu’ils soient gardés fidèles à lui !
Avant de clore cette section, il me semble important de préciser que les parents, les conducteurs spirituels ou les frères peuvent changer et faillir, Christ seul ne change pas : Il est le même, hier, aujourd’hui et éternellement. C’est à lui que chaque âme devait s’attacher. Cette instruction est d’autant plus sérieuse surtout dans les temps fâcheux que nous traversons. L’âme qui ne se fera pas sa propre opinion du Seigneur par une communion directe avec lui ne pourra pas résister à toutes les sollicitations du monde ! Puisse le Seigneur diriger chacun de nos cœurs vers Christ !