Edouard Agbogla• 5 décembre 2025• DieuL’une des réalités les plus triviales dans notre monde, et des plus partagées parmi les fils des hommes, ce sont les afflictions. Faim, manque, perte d’êtres cher(e)s, maladies, échecs, espoirs faussés, ruptures douloureuses, et que sais-je encore … sont des maux qui nous entourent constamment et nous atteignent parfois. Qui plus est, ces maux ne semblent pas faire de distinction entre ceux qui ne sont pas enfants de Dieu (au sens évangélique), et ceux qui le sont ; à la désillusion, hélas, de ces derniers. Surgissent alors des questions profondes et douloureuses du genre : « pourquoi ces épreuves m’arrivent-elles à moi ? », « Seigneur, si tu m’aimes, pourquoi permets-tu cela », « Quel mal ai-je commis pour mériter cela ? », etc.
Vous est-il déjà arrivé de vous poser ce genre de question ? Vous n’êtes pas seul(e) ! En effet, Asaph dans le Psaume 73, a observé la voie des méchants ainsi que la sienne, il considéra son lot de souffrances et le bonheur apparent dont les méchants autour de lui sont replets et s’exclama en ces termes : « C'est donc en vain que j'ai purifié mon coeur, Et que j'ai lavé mes mains dans l'innocence » Ps 73.13
Mais alors, s’il est vrai que Dieu est souverain, omnipotent, et bon, pourquoi la souffrance, et particulièrement dans la vie de ses enfants ? C’est ce que nous allons considérer dans cet article.
Depuis la chute, la souffrance fait partie intégrante de l’expérience humaine. Le péché étant rentré dans le monde par Adam et Ève a entraîné avec lui son cortège de douleurs, de maladies, de larmes et ultimement la mort : physique et spirituelle. La création entière a été frappée des conséquences de la rupture avec Dieu, conséquence du péché : « Car la création a été soumise à la vanité,-non de son gré, mais à cause de celui qui l'y a soumise, avec l'espérance qu'elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement. »
La création tout entière soupirant et souffrant les douleurs de l’enfantement, les enfants de Dieu qui en sont partie intégrante, dans la chair parlons, en subissent inévitablement les effets. Guerres, maladies, catastrophes naturelles, séparations et deuils nous rappellent donc que nous vivons dans un monde déchu, brisé, et en voie de disparition.
Le Seigneur Jésus nous l’avait d’ailleurs clairement annoncé en ces termes : « Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde. » Jn 16.33. Le « vous aurez » venant de Celui qui est la Vérité et ne peut mentir, dénote une certitude, une garantie. C’est donc avec raison que l’apôtre Pierre nous rappelle ceci : « Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d'une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. » 1Pi 4.12
Il est à propos de rappeler cependant que quoique, de façon générale, la souffrance tire sa raison d’être du péché, les diverses épreuves auxquelles le chrétien pourrait faire face ne sont pas toujours et nécessairement liées à des péchés spécifiques qu’il aurait commis.
Somme toute, la souffrance ici-bas est universelle. Mais Dieu n’a-t-il aucun propos lorsqu’il permet que ses enfants soient confrontés à des épreuves de toutes sortes ? N’est-ce pas la dernière chose que nous attendrions de la part de notre souverain Père : qu’il soit simplement un constatateur de nos réalités malheureuses sans rien avoir à faire avec ? Soyez rassurés bien-aimés ; au fort de la souffrance, Dieu veut bénir ses enfants !
Dans Marc 10.28-30, les disciples ont voulu ‘faire les comptes’ avec le Maître en lui demandant ce qu’ils ont en contrepartie du fait d’avoir tout quitté pour le suivre. Le Maître répondit : « Je vous le dis en vérité, il n'est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses soeurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des soeurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. »
Les persécutions qui sont une forme d’épreuve et de souffrances font donc partie de notre lot de bénédictions en Christ. C’est facile à dire, dira-t-on, mais bibliquement, en quoi concrètement la souffrance représente une bénédiction pour l’enfant de Dieu ? Voici quelques points :
Le grand dessein de Dieu pour la vie de ses enfants, c’est de les rendre conformes à l’image de son Fils Jésus-Christ (Ro 8.29). Ce dessein sera pleinement une réalité quand nos corps corruptibles auront revêtu l’incorruptibilité. Alors, tel Il est, ainsi nous serons. Mais déjà ici bas, racheté, Dieu forme Christ en nous et tout ce qu’il nous donne ou permet, bien ou mauvais en soi, concourt à l’ultime but glorieux de nous rendre conformes au Fils. Et parlant du Fils, les Saintes Écritures nous instruisent que bien qu’il fut Fils, Dieu incarné, dans son humanité, il a « appris l'obéissance par les choses qu'il a souffertes » Hé 5.8. Si notre Grand modèle a appris par expérience l’obéissance par la souffrance, alors Dieu exercera certainement aussi nos sens à l’obéissance par la souffrance. Nous pourrons alors porter les fruits agréables de la patience, de la persévérance, et bien plus.
Dans 1 Pi 1.6-7, l’apôtre Pierre compare notre foi à de l’or. L’or est précieux, mais pour en révéler la pureté, il doit passer par le feu ; la chaleur faisant fondre le métal sépare les impuretés du véritable or. De même, notre foi est souvent mêlée des impuretés de notre auto-suffisance, de l’orgueil, des attachements terrestres , etc. Dieu fait donc passer notre foi par les épreuves pour éliminer ce qui est faux et non solide afin que ce qui ressort du processus soit plus pur, plus ferme et plus profond. Nous en voyons un exemple pratique chez Paul et ses compagnons dans 2 Co 1.8-11. Paul y décrit en effet une tribulation qu’ils ont vécu en Asie, excessivement accablante qu’ils étaient à la fin d’eux-mêmes, désespérant de conserver la vie. Quel résultat cela a-t-il produit ? Une foi plus ferme en Dieu seul qui ressuscite les morts (v9), et une espérance plus ferme en Dieu qui délivre (v10). N’y voyons-nous pas là une bénédiction ?
Les épreuves ont souvent ceci de particulier : ils nous rappellent la frivolité et le néant de tout ce qui nous entoure afin de nous pousser à désirer l'avènement de la seconde venue de notre Seigneur. Qui n’a jamais pensé à la brièveté de la vie physique quand un(e) proche aimé(e) lui a été brutalement ravi(e) ? Qui n’a jamais réalisé que « tout est vanité » quand il a perdu ce qui faisait autrefois sa sécurité et sa gloire comme des biens éphémères ? En ces moments, l’Esprit nous fait contempler et désirer le retour de notre Seigneur pour nous ravir dans sa gloire, là où Dieu «essuiera toute larme» de nos yeux, «et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.» Ici bas, nos larmes reviennent tôt ou tard même quand nous les essuyons. Mais alors, lorsque Dieu essuiera nos larmes, ce sera pour qu’elles ne coulent plus jamais !
Dans Luc 21.34, le Seigneur en exhortant ses disciples à veiller et attendre son retour avec un esprit vif, avertit en ces termes : « Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos coeurs ne s'appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l'improviste;». La réalité que je souhaite relever ici, c’est la tentation de l'appesantissement à laquelle nos cœurs sont parfois exposés lorsque nous avons le manger et le boire en excès, lorsque nous pouvons jouir de tout en excès. Ne sommes-nous pas quelque fois tentés de négliger les moyens de grâce que Dieu met à notre disposition pour demeurer en communion avec lui lorsque tout semble bien aller ? Lorsque nous sommes replets de biens et de bien-être à tout point de vue ? Agur, conscient de ce piège, pouvait d’ailleurs faire cette prière à Dieu dans Proverbes 30.8-9 « [...] Ne me donne ni pauvreté, ni richesse, Accorde-moi le pain qui m'est nécessaire. De peur que, dans l'abondance, je ne te renie et ne dise : Qui est l'Eternel ? » Dieu étant un Père responsable, lorsque nous nous éloignons de lui à cause de l’orgueil de la vie, et de la convoitise des yeux, nous amène parfois au désert de la souffrance, afin de parler à nos cœurs, et nous ramener à lui (Os 2.14).
Demandons avant tout à Dieu de renouveler notre intelligence afin qu’au delà de la souffrance, nous voyions en nos différentes épreuves un moyen de bénédiction et de croissance, un sujet de joie et de reconnaissance. Je ne nous garantis pas que nous comprendrons toujours le but spécifique de chacune de nos épreuves. Mais que notre foi honore Dieu dans chacune d’elles. Il est fidèle, lui qui ne permettra pas que nous soyons éprouvés au delà de nos forces; mais qui avec l’épreuve préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que nous puissions la supporter. (1Co 10.13)